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Le marché des matières premières : un film avec des bons et des méchants, vraiment ?
Le débat sur l'impact de la spéculation sur les cours des matières premières repose sur une opposition entre acteurs physiques et 'purs' investisseurs. Trop simple pour être juste, explique Fr...
Le débat récurrent sur l'impact de la spéculation sur l'évolution et la volatilité des cours des matières premières repose sur une opposition simplificatrice entre acteurs physiques et 'purs' investisseurs. Les premiers, les opérateurs physiques (producteurs, négociants, transformateurs ou consommateurs finaux) sont présentés comme des gentils qui n'utiliseraient les marchés à terme de matières premières que pour couvrir leur risque de prix. En revanche, les seconds seraient de vils spéculateurs n'ayant aucun lien avec les matières premières, qui n'utiliseraient ces marchés que pour réaliser des profits, d'évidence immoraux, de court terme. DEUX CATÉGORIES D'ACTEURS Dès leur création à la fin du XIXe siècle, les marchés à terme ont eu besoin des deux catégories d'acteurs pour fonctionner. Un marché à terme de matières premières n'est pas un instrument destiné à s'échanger physiquement des marchandises, mais un outil permettant de s'échanger les risques. En bref, les marchés à terme ne créent pas la volatilité des prix mais, au contraire, ils sont créés pour gérer cette volatilité qui est intrinsèque à la nature même des prix des matières premières. >> Lire aussi : 'Pourquoi le pétrole est devenu un actif comme les autres' Pour fonctionner correctement, les marchés à terme mettent face à face ceux qui souhaitent se débarrasser de cette volatilité, les acteurs physiques, avec ceux qui souhaitent sciemment s'y exposer parce qu'ils espèrent en tirer un profit, les investisseurs. Ceux qui pensent que les matières premières ont connu depuis 2006 un excès de volatilité l'expliquent par un déséquilibre entre acteurs physiques et investisseurs, tant en nombre qu'en volumes traités sur les marchés. De nouveau, cette lecture est une simplification du problème. CONTENIR LA VOLATILITÉ En réalité, pour que la volatilité des cours reste contenue sur les marchés à terme, il faut un équilibre entre (...) Lire la suite sur lemonde.fr